Sam Altman mise tout : une utopie à mille milliards de dollars
Sam Altman est passé des promesses à une captation mondiale de ressources. Le patron d'OpenAI réclame des milliers de milliards de dollars d'investissements pour des centres de données qui consommeraient plus d'énergie que des pays européens entiers. Le plan est ambitieux : résoudre le problème climatique, guérir le cancer et créer une « richesse extrême universelle » grâce à l'IA. Alors qu'OpenAI progresse de façon agressive dans le secteur public, la médecine et les structures militaires, des questions se posent sur le réalisme de ces promesses. Cette année sera décisive pour Altman : soit il confirme son statut de visionnaire, soit l'industrie fait face à la plus grande surchauffe des attentes de l'histoire de la technologie.
Traité par IA depuis Guardian ; édité par Hamidun News
Imaginez qu'une connaissance vous demande un gros prêt en promettant d'inventer demain le mouvement perpétuel et, au passage, de guérir tout le monde du rhume. C'est à peu près la position de Sam Altman aujourd'hui, sauf qu'au lieu d'un petit prêt il réclame des milliers de milliards, et qu'au lieu d'un voisin il a devant lui le capital mondial tout entier. Le patron d'OpenAI a cessé d'être un simple dirigeant technique pour devenir un prophète laïc, qui vend l'avenir en échange de ressources du présent très concrètes et rares. C'est une partie à très gros enjeu, où ce ne sont pas seulement la réputation d'une entreprise qui est en jeu, mais la trajectoire de toute la civilisation.
Ces derniers mois, la rhétorique d'Altman a atteint des proportions presque bibliques. Il promet à l'humanité littéralement tout : de la victoire sur le cancer à la résolution de la crise climatique, en passant par la création de ce qu'il appelle une « richesse extrême universelle ». Cela paraît séduisant, tant qu'on ne regarde pas les factures d'électricité ni les spécifications du matériel.
Pour bâtir ce paradis numérique, OpenAI prévoit de lever environ mille milliards de dollars d'investissements dans des centres de données et la production de puces. Pour situer l'ordre de grandeur : si le projet se réalise, ces fermes de serveurs consommeraient plus d'énergie que certains États européens développés. Le paradoxe est étrange : Altman propose de brûler des énergies fossiles et de dépenser des ressources colossales aujourd'hui pour que l'IA nous explique peut-être demain comment l'éviter.
OpenAI ne se contente plus de créer des chatbots intelligents pour rédiger des dissertations d'étudiants. L'entreprise a lancé une expansion agressive dans tous les domaines de la vie, du commerce en ligne et de la santé aux contrats directs avec le Pentagone et de grandes universités. ChatGPT devient méthodiquement la nouvelle « page d'accueil » d'internet, avec l'ambition de déloger Google et de devenir l'interface de toute tâche humaine. Mais derrière cette façade ambitieuse se cache un énorme besoin de capitaux. Altman sait que l'époque des startups romantiques est révolue et qu'il doit désormais prouver aux investisseurs que l'intelligence artificielle n'est pas seulement un jouet coûteux pour générer des images, mais le socle d'une nouvelle économie mondiale.
Il est intéressant de voir à quelle vitesse OpenAI a changé d'image. D'un laboratoire de recherche fermé, qui prônait autrefois la sécurité et l'ouverture de la technologie, elle est devenue l'acteur le plus prédateur de la Silicon Valley. Les accords de plusieurs milliards de dollars avec des fabricants de puces et les tentatives de bâtir sa propre infrastructure énergétique disent une seule chose : Altman construit un empire qui vise l'autarcie complète.
Il veut posséder non seulement les algorithmes, mais aussi le matériel sur lequel ils tournent, et même la prise sur laquelle ce matériel est branché. C'est un quitte ou double classique, où le moindre accroc dans le développement des modèles peut avoir des conséquences catastrophiques pour toute l'industrie.
Beaucoup se demandent dans quelle mesure ces promesses de prospérité générale sont réalistes. Pour l'instant, on observe la hausse du prix des abonnements et la concentration du pouvoir entre les mains d'un petit groupe de personnes, pas une répartition de la « richesse extrême ». Altman manipule habilement les attentes et donne le sentiment qu'une percée est inévitable.
Mais la physique et l'économie sont têtues. Si, d'ici deux ans, les modèles de langage ne se mettent pas à générer des profits réels, comparables aux coûts de leur entraînement et de leur exploitation, nous risquons d'assister à l'effondrement le plus spectaculaire de l'histoire de l'humanité. Cette année dira si Altman est un nouvel Henry Ford ou simplement un très talentueux vendeur de vent.
L'essentiel : Sam Altman a mis l'avenir d'OpenAI en jeu en promettant au monde une utopie technologique en échange de milliers de milliards de dollars. Parviendra-t-il à encaisser ce chèque, ou la réalité se révélera-t-elle plus forte que les slogans marketing ?
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