Joyance lève 100 millions de yuans pour des robots qui marchent presque comme des humains

La start-up Joyance a bouclé un tour de table Pre-A+ de 100 millions de yuans. Les principaux investisseurs, de Shanghai et de Qingdao, misent sur l'« intelligence incarnée ». Il ne s'agit pas d'un énième assemblage de ferraille, mais d'une tentative de créer des robots réellement biomimétiques, capables de travailler dans des environnements humains. L'argent servira à monter en cadence la production et à mettre au point les chaînes d'approvisionnement. À retenir : la Chine passe des prototypes de laboratoire aux séries industrielles, tandis que les autres peaufinent encore leurs logiciels. L'essentiel : la course aux humanoïdes ne se joue plus seulement sur les algorithmes, mais aussi sur le coût d'un kilogramme de « ferraille ».

Traité par IA depuis 36Kr (36氪) ; édité par Hamidun News
Joyance lève 100 millions de yuans pour des robots qui marchent presque comme des humains
Source : 36Kr (36氪). Collage: Hamidun News.
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Pendant que l'Occident retient son souffle en attendant la prochaine vidéo de Tesla ou de Boston Dynamics, une révolution discrète mais extrêmement coûteuse se déroule en Chine. La start-up Joyance, connue dans les cercles restreints sous le nom de Zhuoyide, vient de boucler un tour de financement Pre-A+ d'environ 100 millions de yuans. Ce n'est pas une simple nouvelle de capital-risque, mais un signal net : la course à l'« intelligence incarnée » quitte le stade des présentations léchées pour entrer dans une phase de montée en puissance industrielle sans concession.

Des investisseurs du calibre de Shanghai Pudong Leading Area Investment et de Zhangjiang Science and Technology Venture Capital n'ont pas l'habitude de jeter leur capital pour des promesses creuses. Ils achètent un billet pour un avenir où le robot cesse d'être un manipulateur maladroit derrière la grille d'une usine et devient un acteur à part entière de l'espace urbain.

Joyance fait le pari de la haute biomimétique. Cela signifie que ses machines ne doivent pas seulement exécuter des tâches, mais se déplacer et interagir avec le monde physique aussi naturellement que nous.

Pourquoi maintenant ? Ces deux dernières années, nous nous sommes émerveillés de voir de grands modèles de langage écrire des poèmes et du code. Mais une intelligence sans corps n'est qu'un cerveau dans un bocal. Pour que l'IA soit réellement utile dans l'économie réelle, il lui faut des « mains » et des « jambes » capables de s'orienter dans le chaos de l'environnement humain. Joyance comprend que le principal problème des humanoïdes actuels ne tient pas seulement au manque de puissance de calcul, mais aussi à une mécanique et une efficacité énergétique imparfaites. Les millions levés iront précisément à l'amélioration du matériel, aux itérations du produit et à la construction d'une chaîne d'approvisionnement fiable.

Le tour a réuni non seulement des fonds financiers, mais aussi des acteurs stratégiques comme Qingdao Zhenghe Industrial et Xiamen Sunlion Tech. C'est une indication directe que Joyance se prépare à la production de masse. Quand de grands groupes industriels entrent dans un projet, cela marque le passage des prototypes de laboratoire à la chaîne de montage. L'écosystème chinois permet d'y arriver plus vite et, point non négligeable, nettement moins cher que partout ailleurs dans le monde. Si l'on voyait autrefois la Chine comme l'« usine du monde », elle est désormais « laboratoire et usine » à la fois.

Le terme de « haute biomimétique » mérite une attention particulière. La plupart des robots actuels ressemblent à un amas de servomoteurs et de plastique, qui suscite au mieux de la curiosité, au pire l'effet de « vallée de l'étrange ». Joyance, elle, cherche à ce que ses machines reproduisent la cinématique du corps humain avec une précision troublante. C'est crucial pour travailler dans des espaces conçus par des humains et pour des humains : des portes étroites aux escaliers aux marches non standard. Si un robot se déplace de façon peu naturelle, il est non seulement moins efficace, mais provoque aussi un rejet inconscient chez le personnel ou les clients.

Il est intéressant de voir évoluer la rhétorique du secteur. Le mot « innovant » fait désormais bâiller, alors Joyance et ses partenaires parlent de « construction d'écosystème » et de « pénétration du marché ». Ils ne construisent pas seulement un robot, mais une infrastructure. Cela comprend tout : des servomoteurs spécialisés aux algorithmes d'apprentissage par renforcement qui empêchent le robot de tomber sur un sol glissant. Les fonds levés aideront l'entreprise non pas simplement à sortir dix prototypes de plus, mais à créer un système de livraison et de maintenance, sans lequel toute technologie reste un jouet coûteux.

Que signifie tout cela pour le marché ? Selon toute vraisemblance, les premiers humanoïdes à succès commercial ne seront pas dans les salons des villas californiennes, mais dans les entrepôts et les centres logistiques de Shanghai. Joyance vise clairement le leadership de ce segment, et 100 millions de yuans sont le carburant de son premier vrai élan. La Chine a cessé de courir après les autres et commencé à dicter ses règles en robotique. Pendant que nous débattons de l'éthique de l'IA, Joyance construit des usines.

La question centrale : les entreprises occidentales pourront-elles rivaliser sur le prix avec les robots chinois lorsque ceux-ci arriveront sur le marché mondial avec une production de masse déjà rodée ?

ZK
Zhemal Khamidun — CPO d'Alpina Digital, product manager d'AlpinaGPT. Conçoit des produits IA depuis 2019. Hamidun News est un projet personnel devenu un agrégateur en production avec plus de 6 000 lecteurs.
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