Satya Nadella défend Copilot : les milliards ne sont pas dépensés pour rien (du moins, selon lui)

Microsoft inonde l'IA d'argent, mais le marché retient son souffle : où est le profit ? Satya Nadella a décidé de rompre le silence et a dévoilé des statistiques d'usage de Copilot. D'après lui, les utilisateurs de GitHub et d'Office ne peuvent littéralement plus se passer du réseau de neurones. Le scepticisme demeure pourtant. Les dépenses d'infrastructure sont énormes au regard des revenus réels. C'est le jeu classique du « j'y crois, j'y crois pas », avec en jeu la réputation du plus grand éditeur de logiciels du monde et l'avenir de toute la pile Azure.

Traité par IA depuis TechCrunch ; édité par Hamidun News
Satya Nadella défend Copilot : les milliards ne sont pas dépensés pour rien (du moins, selon lui)
Source : TechCrunch. Collage: Hamidun News.
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Imaginez que vous dépensiez des dizaines de milliards de dollars pour bâtir de gigantesques temples numériques, tandis que les passants murmurent que personne n'y prie. C'est à peu près la situation de Satya Nadella. Pendant que Microsoft coule du béton et empile des cartes graphiques dans de nouveaux data centers, des rumeurs désagréables se répandent sur le marché : Copilot ne serait qu'un accessoire coûteux qui prend la poussière sur l'étagère de la plupart des clients professionnels. Nadella a décidé qu'il était temps de sortir les rapports et de montrer au monde que son enfant IA ne fait pas que survivre, mais prospère dans le quotidien de millions de personnes.

Le problème n'est pas la simple curiosité des analystes. Les investisseurs s'inquiètent nettement en regardant les factures d'électricité et les achats sans fin de puces Nvidia. Quand on dépense de telles sommes, la réponse standard « tout se déroule comme prévu » ne suffit plus.

Il faut prouver que les gens cliquent sur cette icône dans le coin de l'écran pour autre chose qu'une erreur ou une curiosité passagère. Nadella affirme que le nombre d'abonnés payants de GitHub Copilot a progressé de 180 % sur un an. C'est un chiffre sérieux, sachant que les développeurs forment sans doute le public le plus cynique, impossible à acheter avec de simples slogans marketing.

S'ils paient, c'est que l'outil leur fait gagner du temps.

Hors du monde douillet du code, la situation paraît toutefois bien plus complexe. Microsoft intègre activement l'IA dans la suite Office, cherchant à faire de Word et d'Excel autre chose que de simples outils pour taper du texte et dresser des tableaux. Nadella annonce un doublement du nombre d'utilisateurs de Copilot pour Microsoft 365 au dernier trimestre.

Cela semble impressionnant, mais le diable, comme toujours, se cache dans les détails. Nous ne connaissons toujours pas la définition exacte d'« utilisateur actif » dans les métriques de Microsoft. Est-ce celui qui a demandé à l'IA de raccourcir un e-mail par semaine, ou celui qui lui a confié entièrement la rédaction des comptes rendus de réunion ?

Pour l'instant, l'entreprise garde ces détails pour elle.

Le contexte de cette lutte acharnée pour l'attention des utilisateurs remonte à plusieurs décennies. Microsoft est restée trop longtemps en position de « suiveur » à l'ère du mobile et dans la recherche sur internet. Aujourd'hui, l'entreprise mène pour la première fois depuis très longtemps une course technologique, et la crainte de perdre cette cadence la pousse à agir avec une extrême agressivité.

Chaque nouveau data center est un pari colossal sur le fait que l'IA générative deviendra le nouveau système d'exploitation, sans lequel les entreprises s'arrêteraient tout simplement. Si Nadella a raison, nous assistons à la naissance d'un nouvel écosystème comparable à l'arrivée d'internet. Sinon, ce sera le monument le plus coûteux aux attentes surévaluées de l'histoire de la tech.

Les critiques comparent souvent Copilot au tristement célèbre Clippy du début des années 2000. Mais la différence est fondamentale : Clippy n'exigeait pas des milliards de dollars pour entretenir son existence virtuelle. L'IA actuelle est une bête incroyablement vorace, qui réclame un apport constant d'énergie et de puissance de calcul. Nadella assure que cette bête apporte déjà une valeur réelle aux entreprises en automatisant les tâches fastidieuses. Il cite de grands groupes qui économiseraient des milliers d'heures de travail. Mais tant que cet impact n'apparaîtra pas directement dans le bénéfice net des rapports trimestriels, le scepticisme de Wall Street ne disparaîtra pas.

Il est intéressant d'observer la rapidité avec laquelle le discours de la direction évolue. Il y a un an, on nous promettait de la magie et la singularité technologique ; aujourd'hui, on nous montre des courbes arides de rétention d'utilisateurs. Cela peut être le signe d'une technologie qui mûrit, quand le pragmatisme remplace l'enthousiasme. Microsoft a posé des fondations sur lesquelles elle doit désormais bâtir quelque chose de tangible et de rentable. Faute de quoi, même le calme infini et le charme de Satya Nadella ne protégeront pas l'entreprise des questions embarrassantes sur la destination réelle de l'argent des actionnaires.

À retenir : Microsoft tente de convaincre le marché que l'IA n'est plus une expérience mais un outil de travail quotidien, mais nous ne connaîtrons le degré réel de dépendance des utilisateurs à Copilot que lorsque l'entreprise se décidera à publier des données d'activité quotidienne plutôt que des chiffres globaux d'abonnements.

Dossier
ZK
Zhemal Khamidun — CPO d'Alpina Digital, product manager d'AlpinaGPT. Conçoit des produits IA depuis 2019. Hamidun News est un projet personnel devenu un agrégateur en production avec plus de 6 000 lecteurs.
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