Warner Music apprend à gagner de l'argent avec l'IA pendant que les autres s'inquiètent

Warner Music Group a annoncé une hausse de 10 % de son chiffre d'affaires au premier trimestre. Pendant que ses confrères tentent d'interdire les réseaux de neurones, le PDG Robert Kyncl mise sur les schémas d'usage de l'IA. Il est convaincu que la technologie va bientôt rapporter de l'argent réel. C'est un virage important : l'industrie musicale passe du déni à l'extraction de profits. Si Warner parvient à légaliser et à monétiser les reprises générées par IA et le contenu génératif, le paysage du streaming pourrait changer durablement. Kyncl ne compte clairement pas répéter les erreurs de l'ère Napster. Il prévoit de prendre la tête du chaos technologique plutôt que de le combattre.

Traité par IA depuis Bloomberg Tech ; édité par Hamidun News
Warner Music apprend à gagner de l'argent avec l'IA pendant que les autres s'inquiètent
Source : Bloomberg Tech. Collage: Hamidun News.
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Depuis des décennies, l'industrie musicale vit en mode défensif face à la technologie. Il y a eu d'abord Napster, puis les torrents, puis un long et douloureux apprentissage du streaming. À chaque fois, les majors ont tenté de poursuivre le progrès en justice avant de comprendre comment en tirer profit. Warner Music Group semble avoir décidé de rompre avec cette tradition. Pendant que les juristes des autres groupes rédigent des lettres furieuses aux créateurs de réseaux de neurones, Warner affiche une croissance à deux chiffres et dit ouvertement que l'IA n'est pas seulement une menace, mais aussi un excellent moyen de remplir les caisses.

Au premier trimestre, le chiffre d'affaires du groupe a bondi de 10 %. Il le doit aux services numériques et à l'élargissement des droits de licence. Mais le plus intéressant se trouve dans les propos du PDG, Robert Kyncl. Ancien dirigeant de YouTube, qui sait d'expérience comment les algorithmes transforment la consommation de contenu, il affirme sans détour que les schémas d'usage de l'IA vont bientôt porter leurs fruits. Kyncl ne se contente pas d'observer le marché : il prépare le terrain pour que chaque voix générée ou mélodie entraînée sur le catalogue de Warner rapporte des redevances au groupe.

Le contexte est ici essentiel. L'an dernier a été marqué par la panique autour du « faux Drake » et par d'interminables débats sur la possibilité d'entraîner des modèles sur des contenus protégés sans autorisation. La plupart des acteurs du marché ont choisi la confrontation. Warner, selon toute apparence, choisit l'intégration. Si l'on ne peut pas arrêter le flot de reprises générées par IA, il faut faire en sorte que l'ayant droit touche un petit quelque chose pour chaque titre. C'est un changement de logique fondamental : on passe du concept de « forteresse protégée » à celui d'« écosystème sous licence ».

Pourquoi est-ce important maintenant ? Nous sommes à un point de bascule où la qualité de la musique générative cesse d'être une plaisanterie. Quand n'importe quel adolescent peut créer un tube avec la voix de sa star préférée en cinq minutes, les anciennes méthodes de contrôle ne fonctionnent plus. Kyncl comprend que vouloir interdire l'IA revient à vider l'océan à la cuillère. Warner mise plutôt sur Artist Services et sur des droits élargis. Le groupe veut contrôler non seulement les enregistrements physiques, mais aussi l'« empreinte » numérique de ses artistes dans les réseaux de neurones.

Les investisseurs réagissent positivement à ces chiffres, mais le véritable examen reste à venir. Si Warner Music Group parvient à s'entendre avec les géants de la tech sur des paiements transparents pour l'utilisation de données d'entraînement, cela créera un précédent pour tout le marché. Nous verrions alors émerger une nouvelle ère où les labels deviendraient des sortes de « banques de données », négociant des droits sur des styles, des voix et un ADN musical. C'est une étape cynique, mais très logique, dans un monde où les algorithmes deviennent les nouveaux compositeurs.

L'essentiel : Warner Music Group parie que l'IA deviendra le principal moteur de croissance de ses profits dans les trois à cinq prochaines années. Kyncl saura-t-il convaincre les artistes que leurs doubles numériques sont un atout et non un vol d'identité ?

ZK
Zhemal Khamidun — CPO d'Alpina Digital, product manager d'AlpinaGPT. Conçoit des produits IA depuis 2019. Hamidun News est un projet personnel devenu un agrégateur en production avec plus de 6 000 lecteurs.
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