La Chine échange l'ancien contre l'intelligent : Pékin veut pousser ses citoyens vers les gadgets IA
Le ministère chinois du Commerce a dévoilé son plan pour 2025–2026. Son axe central : un programme d'« échange de l'ancien contre le neuf ». Pékin prévoit de subventionner l'achat de voitures, d'électroménager et, surtout, de « produits numériques intelligents ». Dans le cadre de l'initiative « Achetez en Chine », des dizaines d'événements se tiendront dans 15 grandes villes. Il ne s'agit pas seulement de sauver le commerce de détail, mais d'une manœuvre stratégique visant à forcer le renouvellement du parc d'appareils jusqu'au niveau AI-ready. Pour l'industrie, cela signifie une injection colossale de liquidités dans le marché du matériel grand public.
Traité par IA depuis 36Kr (36氪) ; édité par Hamidun News
Imaginez que votre vieil ordinateur portable, qui peine à afficher trois onglets, devienne soudain un actif pour lequel le gouvernement est prêt à verser un complément. C'est le tableau que dresse le ministère chinois du Commerce dans son nouveau plan de développement du marché intérieur pour les deux prochaines années. Pendant que les analystes occidentaux se demandent comment pousser les gens à acheter de nouveaux smartphones sans raison évidente, Pékin a réglé la question de façon radicale et étatique.
Les autorités lancent une vaste campagne d'optimisation de la consommation, dont le concept d'« échange de l'ancien contre le neuf » occupe le centre. On dirait des soldes ordinaires, mais le diable se cache dans les détails et dans l'échelle. Voyons pourquoi cela arrive maintenant.
La demande intérieure chinoise se redresse après la pandémie moins vigoureusement que ne le souhaiterait le Parti. Les gens ont commencé à épargner plutôt qu'à dépenser. Pour briser cette tirelire, il ne suffit pas de sortir un nouveau gadget.
Il faut créer des conditions où conserver l'ancien appareil devient économiquement désavantageux. Le ministère du Commerce déclare sans détour que l'accent sera mis sur les voitures, l'électroménager et les « produits numériques intelligents ». Ce dernier terme recouvre toute la gamme d'appareils qui basculent actuellement vers l'intelligence artificielle locale.
Pékin subventionne de fait la transition du pays vers du matériel compatible IA, tout en créant un gigantesque terrain d'essai pour ses modèles de réseaux de neurones. Le programme ne se limite pas aux slogans. Les autorités mettent en place des mécanismes de stimulation concrets, dont des projets pilotes de « chèques-loterie ».
C'est une mécanique ancienne mais efficace : en achetant un produit, on obtient une chance de gagner un prix en argent versé par l'État. La liste des villes de cette expérimentation a déjà été publiée. Par ailleurs, l'initiative « Achetez en Chine » est lancée ; elle réunira plus de 20 grands événements thématiques dans tout le pays.
Quinze villes, parmi lesquelles figureront très probablement Shanghai et Shenzhen, serviront de terrains d'essai pour des « centres internationaux de consommation ». On y testera de nouveaux formats de distribution où le online et le offline fusionnent grâce à la réalité augmentée et à une logistique intelligente. Pourquoi est-ce important pour le marché mondial ?
La Chine est le premier consommateur d'électronique au monde. Si Pékin réussit sa manœuvre, on assistera à un énorme sursaut de la demande de puces et de composants pour le segment grand public. Cela donnerait aux fabricants chinois comme Xiaomi, Huawei et Honor un avantage considérable grâce aux effets d'échelle sur leur marché intérieur.
Pendant que le reste du monde se demande s'il a besoin d'un smartphone IA, des millions de Chinois en auront un en main simplement parce que ce sera la décision financière la plus avantageuse lors de la reprise de l'ancien appareil. C'est un exemple classique de la façon dont une politique d'État peut transformer en quelques trimestres le paysage technologique de toute une région. Autre point intéressant : la manière dont le ministère compte développer ce qu'il appelle l'« économie des premiers lancements ».
Il s'agit de soutenir les marques qui choisissent la Chine pour les premières mondiales de leurs produits. Les autorités promettent de créer des mesures « pratiques et efficaces » pour ces entreprises. En substance, c'est une invitation à ceux qui sont prêts à jouer selon les règles de Pékin et à apporter en priorité leurs développements les plus avancés au consommateur chinois.
Sur fond de guerres commerciales et de restrictions à l'export de technologies, cela ressemble à une tentative de bâtir un écosystème autosuffisant, où les innovations naissent, se vendent et se consomment dans un seul pays avec un soutien actif du budget. L'essentiel : Pékin transforme le marché de consommation en outil de modernisation technologique accélérée. Les marques occidentales pourront-elles s'intégrer à ce système d'échange subventionné, ou le programme « Achetez en Chine » fermera-t-il définitivement la porte à tous, sauf aux acteurs locaux ?
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