Midjourney exige que les studios qui l'attaquent en justice révèlent leur propre usage de l'IA

Les studios ont poursuivi Midjourney pour avoir entraîné son IA sur leurs personnages sans autorisation. Midjourney a répondu de façon inhabituelle : il a déposé auprès d'un juge fédéral américain une requête visant à contraindre les plaignants à révéler comment ils utilisent l'IA au sein de leurs propres entreprises. La logique est simple : si les studios font la même chose, leur position devant le tribunal s'effondre. La requête pourrait faire jurisprudence dans les litiges de copyright liés à l'IA.

Traité par IA depuis TNW ; édité par Hamidun News
Midjourney exige que les studios qui l'attaquent en justice révèlent leur propre usage de l'IA
Source : TNW. Collage: Hamidun News.
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Chiffre clé #1Les studios accusent Midjourney d'avoir entraîné son modèle sur des personnages d'ayants droit sans autorisation
Chiffre clé #2OpenAI, Stability AI et Google ont fait face à des poursuites similaires en 2023–2025
Chiffre clé #3Midjourney a demandé à un juge fédéral américain d'ordonner la divulgation des données

En juillet 2026, Midjourney a déposé devant un tribunal fédéral américain une requête visant à obliger les studios de cinéma plaignants à révéler comment ils utilisent l'IA au sein de leurs propres entreprises. Plutôt qu'une défense passive classique, la défenderesse est passée à l'offensive : si vous nous accusez de violer le droit d'auteur via l'entraînement d'IA, prouvez que vous ne faites pas la même chose. L'information a été rapportée par Variety.

Que reprochent les studios à Midjourney ?

Les studios accusent le générateur d'images par IA d'avoir entraîné son modèle sur des personnages protégés par le droit d'auteur, sans autorisation et sans versement de rémunération. Ce type de grief est devenu courant dans les litiges de copyright sur l'IA depuis 2023 : les ayants droit soutiennent que l'entraînement de réseaux de neurones sur les œuvres d'autrui constitue une reproduction non autorisée et une atteinte à des droits exclusifs.

Midjourney n'est pas la première entreprise dans cette situation. À différents moments, OpenAI, Stability AI et Google ont fait l'objet de poursuites similaires. Ces litiges soulèvent une question juridique fondamentale : l'entraînement d'un modèle d'IA sur des images accessibles publiquement relève-t-il de l'« usage loyal » (fair use) selon le droit américain, ou d'une violation du droit d'auteur ? Les tribunaux américains n'ont pas encore apporté de réponse unique.

La contre-manœuvre de Midjourney sort de l'ordinaire : l'entreprise ne se contente pas de réfuter les accusations, elle contre-attaque en exigeant des studios plaignants qu'ils révèlent des données internes sur leur propre usage de l'IA.

  • Les studios accusent Midjourney d'avoir entraîné son modèle sur des personnages d'ayants droit sans autorisation
  • OpenAI, Stability AI et Google ont fait face à des poursuites similaires en 2023–2025
  • Midjourney a demandé à un juge fédéral américain d'ordonner la divulgation des données
  • Sans intervention judiciaire, les studios sont en droit de refuser de fournir ces informations
  • Variety a rapporté la requête en juillet 2026

Pourquoi

Midjourney réclame-t-il des données aux plaignants eux-mêmes ?

La stratégie de défense repose sur un principe de responsabilité symétrique. Les grands studios de cinéma intègrent activement l'IA à la production, de la génération de storyboards et de la visualisation de concepts à la post-production, au doublage et au traitement des effets spéciaux. S'il s'avère qu'ils utilisent des outils d'IA entraînés sur des contenus tiers sans les licences requises, leur position devant le tribunal serait extrêmement fragile.

C'est précisément ce sur quoi compte Midjourney. L'entreprise demande en substance à la cour : avant de nous tenir responsables de nos pratiques d'entraînement, vérifiez si les plaignants respectent eux-mêmes les standards qu'ils exigent de nous. Si les pratiques d'IA des studios s'avèrent proches de celles qu'ils contestent, cela pourrait renverser le cours de la procédure, ouvrant la voie soit à un accord amiable, soit à un débat sur ce qui constitue une « norme sectorielle » dans la constitution des jeux de données d'entraînement.

En procédure américaine, ce mécanisme de divulgation s'appelle la discovery : une partie peut exiger de son adversaire des documents s'ils peuvent être pertinents pour l'affaire. C'est cet outil que Midjourney a activé.

La stratégie profite à la défenderesse dans tous les cas de figure : soit les studios prouvent que leurs pratiques d'IA sont juridiquement irréprochables, et Midjourney obtient une vision claire des arguments adverses, soit ils découvrent leurs propres failles, qui modifieront le rapport de force bien avant toute décision.

Ce que cela signifie

La requête de Midjourney vise à instaurer un nouveau standard dans les litiges de copyright sur l'IA : exiger la transparence non seulement du défendeur, mais aussi du demandeur. Si le tribunal fédéral y fait droit, cela créera un précédent pour toute l'industrie de l'IA générative. Les ayants droit qui envisagent des poursuites similaires devront tenir compte du fait que leurs propres pratiques d'IA pourraient être examinées par la justice et se retourner contre eux.

Dossier

Questions clés sur cet article

Que reprochent les studios à Midjourney ?

Les studios accusent le générateur d'images par IA d'avoir entraîné son modèle sur des personnages protégés par le droit d'auteur, sans autorisation et sans versement de rémunération. Ce type de grief est devenu courant dans les litiges de copyright sur l'IA depuis 2023 : les ayants droit soutiennent que l'entraînement de réseaux de neurones sur les œuvres d'autrui constitue une reproduction non autorisée et une atteinte à des droits exclusifs. Midjourney n'est pas la première entreprise dans cette situation. À différents moments, OpenAI, Stability AI et Google ont fait l'o

Pourquoi Midjourney réclame-t-il des données aux plaignants eux-mêmes ?

La stratégie de défense repose sur un principe de responsabilité symétrique. Les grands studios de cinéma intègrent activement l'IA à la production, de la génération de storyboards et de la visualisation de concepts à la post-production, au doublage et au traitement des effets spéciaux. S'il s'avère qu'ils utilisent des outils d'IA entraînés sur des contenus tiers sans les licences requises, leur position devant le tribunal serait extrêmement fragile. C'est précisément ce sur quoi compte Midjourney. L'entreprise demande en substance à la cour : avant de nous tenir responsab

Que sait-on sur Ce que cela signifie ?

La requête de Midjourney vise à instaurer un nouveau standard dans les litiges de copyright sur l'IA : exiger la transparence non seulement du défendeur, mais aussi du demandeur. Si le tribunal fédéral y fait droit, cela créera un précédent pour toute l'industrie de l'IA générative. Les ayants droit qui envisagent des poursuites similaires devront tenir compte du fait que leurs propres pratiques d'IA pourraient être examinées par la justice et se retourner contre eux.

ZK
Zhemal Khamidun — CPO d'Alpina Digital, product manager d'AlpinaGPT. Conçoit des produits IA depuis 2019. Hamidun News est un projet personnel devenu un agrégateur en production avec plus de 6 000 lecteurs.
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