La start-up Sabi développe un bonnet capable de lire les pensées et de les convertir en texte
La start-up californienne Sabi développe un appareil portable qui prend la forme d'un simple bonnet. Il capte l'activité électrique du cerveau et convertit les pensées en texte en temps réel. L'appareil s'appuie sur des capteurs EEG non invasifs, sans chirurgie ni électrodes implantées. Selon ses fondateurs, il s'agit d'un premier pas vers une interface cerveau-ordinateur abordable et destinée au grand public.
Traité par IA depuis Wired ; édité par Hamidun News
Un bonnet qui lit dans les pensées : le pitch relève de la science-fiction, mais c'est précisément ce que promet la start-up californienne Sabi. L'entreprise développe un appareil portable qui prend la forme d'un simple bonnet en maille. Ses capteurs enregistrent l'activité électrique du cerveau et la convertissent en texte en temps réel.
Si la technologie fonctionne comme prévu, ce serait l'un des premiers pas concrets vers ce que chercheurs et essayistes appellent depuis longtemps l'ère des cyborgs : le moment où la frontière entre l'humain et la machine commence à s'estomper, non pas au bloc opératoire, mais directement dans la penderie. Les interfaces cerveau-ordinateur existent depuis plusieurs décennies. Elles restent pourtant cantonnées aux cliniques, aux laboratoires militaires et à des dispositifs médicaux très spécialisés.
En cause, leur complexité et leur caractère invasif : les systèmes BCI les plus précis exigent l'implantation chirurgicale d'électrodes directement dans le cortex. C'est la voie choisie par Neuralink, et les premiers résultats cliniques sont réellement impressionnants : des patients paralysés ont contrôlé un ordinateur par la pensée. Mais on ne bâtit pas un marché de masse sur des implants chirurgicaux.
Sabi parie sur l'approche inverse : une interface entièrement non invasive, intégrée à un vêtement que l'on enfile le matin comme n'importe quel autre. L'appareil repose sur l'électroencéphalographie. Les capteurs EEG intégrés au bonnet captent les faibles signaux électriques que le cerveau génère lorsqu'une personne s'apprête à prononcer un mot ou se représente mentalement le mouvement de la parole, ce qu'on appelle la parole imaginée.
Des algorithmes de machine learning traitent ensuite ces signaux, reconnaissent des motifs caractéristiques et décodent l'intention de l'utilisateur. Résultat : du texte s'affiche à l'écran sans la moindre frappe au clavier et sans qu'un seul mot soit prononcé à voix haute. Le principal défi technique des appareils EEG non invasifs reste le rapport signal/bruit.
Captés sur le cuir chevelu, les signaux cérébraux sont environ mille fois plus faibles que ceux recueillis par des électrodes implantées, et ils sont facilement masqués par des artefacts : mouvements musculaires, clignements des yeux, interférences électromagnétiques externes. C'est pourquoi la plupart des tentatives de créer un lecteur de pensées au format casque grand public ou bonnet ont donné des résultats limités : les appareils ne géraient qu'un ensemble restreint de commandes ou exigeaient des heures de calibrage individuel. Une percée n'est possible qu'avec des algorithmes plus puissants, et c'est précisément là que les réseaux de neurones modernes ouvrent de nouvelles perspectives.
Sabi ne dévoile pas encore les détails techniques de ses algorithmes et ne communique aucun chiffre précis sur la précision de la reconnaissance. Rien d'inhabituel pour une start-up en phase d'amorçage : attirer l'attention et les investisseurs compte davantage que répondre aux questions techniques épineuses. Wired décrit le projet comme un appareil capable d'ouvrir la porte à un avenir cyborg, une formule qui relève pour l'instant davantage du récit marketing que du fait vérifié.
La direction prise reste néanmoins stratégique. Le secteur des interfaces neuronales portables connaît un essor manifeste : Meta investit dans la lecture de la parole via des bracelets EMG, Emotiv et Neurosity vendent des casques EEG aux développeurs, OpenBCI construit un écosystème ouvert pour les neurohackers. Ce qui distingue fondamentalement l'approche de Sabi, c'est son ciblage du grand public avec un produit qui ne ressemble ni à un équipement médical ni à un gadget technologique.
Juste un bonnet. Rien de superflu à l'extérieur. Si l'entreprise parvient à atteindre une précision et une fiabilité acceptables en conditions réelles, les conséquences seront considérables.
D'abord pour les personnes atteintes de troubles de la parole et de la motricité : maladie de Parkinson, sclérose latérale amyotrophique, séquelles d'AVC. Pour elles, une interface cerveau-ordinateur non invasive et abordable pourrait devenir un moyen radicalement nouveau de communiquer avec le monde. Vient ensuite le marché de la productivité : la saisie de texte par la parole imaginée est, en théorie, plus rapide que n'importe quel clavier.
Pour l'heure, Sabi reste un pari sur une technologie qui n'a pas encore fait ses preuves à grande échelle. Mais ce sont précisément ces paris (sur le non invasif, un format du quotidien et une échelle grand public) qui distinguent la prochaine vague de la neurotech de la précédente. Le bonnet qui lit dans les pensées se rapproche de plus en plus de la réalité.
*Meta est reconnue comme organisation extrémiste et interdite en Fédération de Russie.
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