Google fait tapis : Alphabet investit 180 milliards de dollars dans l'AI
Alphabet (Google) a annoncé une hausse sans précédent de ses dépenses d’investissement : en 2026, ses investissements dans l’AI se situeront entre 175 et 185…
Traité par IA depuis 36Kr (36氪) ; édité par Hamidun News
Alphabet a fait un pari qui est difficile de surestimer. Au début de 2026, l'entreprise a annoncé qu'elle dirigerait entre 175 et 185 milliards de dollars vers le développement de l'intelligence artificielle—une somme qui double presque les dépenses en capital de l'année précédente et dépasse même les prévisions les plus audacieuses de Wall Street d'un tiers. Cette décision intervient sur fond de résultats financiers record : le chiffre d'affaires annuel de la corporation a dépassé la barre des 400 milliards de dollars pour la première fois de son histoire, et l'activité cloud a démontré une croissance de 48%—un rythme que les analystes avaient clairement sous-estimé.
Pour comprendre la logique de ce qui se passe, il faut revenir en arrière et voir ce qui s'est produit avec Google Cloud au quatrième trimestre de 2025. La division cloud a généré 17,66 milliards de dollars de chiffre d'affaires contre 16,2 milliards attendus, tandis que le bénéfice opérationnel du segment a doublé d'une année à l'autre et atteint 5,3 milliards. Il ne s'agit pas simplement d'un succès trimestriel—c'est un signal que l'activité cloud a franchi le seuil de rentabilité et génère désormais un flux de trésorerie durable.
Le carnet de commandes de Cloud s'est élevé à 240 milliards de dollars, doublant en un an. C'est cette demande documentée, et non une croyance abstraite en l'avenir de l'IA, qui est devenue l'argument principal en faveur d'investissements sans précédent. Comme l'a déclaré le PDG Sundar Pichai, l'entreprise investit l'argent pour répondre à une demande de clients déjà existante, non pour anticiper des attentes vagues.
L'ampleur de ce qui se passe est mieux illustrée non pas par des chiffres individuels, mais par leur combinaison. Seuls quatre géants technologiques—Alphabet, Meta, Microsoft et Amazon—dépenseront environ 650 milliards de dollars collectivement en infrastructure d'IA cette année. Cela est comparable au PIB d'une économie européenne de taille moyenne.
Alphabet, pour sa part, attire déjà un financement supplémentaire : l'entreprise a placé des obligations libellées en dollars d'une valeur de 20 milliards de dollars, recevant des offres s'élevant à 100 milliards—un excès de demande de cinq fois. En parallèle, une entrée sur les marchés de la dette en Suisse et au Royaume-Uni est envisagée, où l'émission d'obligations centenaires—un instrument non utilisé dans l'industrie technologique depuis la bulle Internet de la fin des années 1990—est explorée. Le simple fait de l'émergence d'un tel instrument suggère qu'Alphabet envisage un horizon mesuré en décennies, non en trimestres.
La réaction des marchés s'est avérée symptomatique. Au troisième trimestre de 2025, Berkshire Hathaway—une entreprise traditionnellement réticente vis-à-vis du secteur technologique—est entrée dans les actions d'Alphabet, en en faisant l'une des plus grandes positions de son portefeuille. Les investisseurs institutionnels asiatiques ont suivi Buffett.
Le gestionnaire chinois Dan Bin par le biais d'Oriental Harbor a formé une position dans les actions de Google d'une valeur de 406 millions de dollars—environ 31% de tous les actifs américains du fonds—et a ensuite doublé son exposition via un ETF à effet de levier double sur Google. Jinglin Assets a exécuté une manœuvre similaire : le fonds a augmenté sa participation de près d'un million d'actions, plaçant Google à la première place du portefeuille avec une valeur de marché de 842 millions de dollars. Une telle concentration de capitaux importants dans un seul titre est rare même pour les investisseurs thématiques les plus convaincus.
Sundar Pichai lors de son discours à un sommet de l'IA en Inde a trouvé une formulation qui capture le plus précisément le moment actuel : selon lui, ce qui se passe est comparable à la révolution industrielle, seulement dix fois plus rapide et dix fois plus grand en envergure. Derrière cette comparaison se cache une thèse importante que Pichai a énoncée directement : l'avantage en puissance de calcul rend les géants technologiques pratiquement inaccessibles pour les startups. La concurrence en IA repose sur trois fondations—les ressources de calcul, les algorithmes et les données—et aucune d'entre elles ne se déploie dans un garage.
Cet avantage structurel des grands acteurs ne fera que croître à mesure que l'écart en dépenses d'investissement s'élargira.
Tout cela pose une question sérieuse au marché dans son ensemble. La vague actuelle d'évaluations de petites entreprises d'IA, dans certains cas atteignant des centaines de milliards de dollars avec un chiffre d'affaires inférieur à un milliard, crée précisément les illusions que l'histoire des cycles technologiques enseigne à éviter. Quand les plus grands acteurs dépensent des sommes comparables aux PIB des États pour construire une infrastructure, l'expectative selon laquelle de petites équipes pourraient concurrencer grâce à un algorithme plus intelligent devient de plus en plus irréaliste. Alphabet a fait sa mise—tapis, consciemment et soutenue par des résultats financiers. La question est maintenant : avec quelle rapidité le marché cessera-t-il de prétendre que les règles de ce jeu restent inchangées?
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