Alibaba et son nouveau bac à sable IA : à quoi sert Kechuang Kezao ?
Alibaba Group poursuit le morcellement de sa structure avec la création à Hangzhou d'une nouvelle société technologique, Kechuang Kezao. Son modeste capital social de 1 million de yuans ne doit pas tromper : l'accent mis sur le développement de logiciels d'IA fondamentaux et appliqués signale la mise en place d'un terrain d'essai très spécialisé pour de nouveaux algorithmes. Les actionnaires sont des entités clés du pôle publicitaire et réseau d'Alibaba. Cette initiative s'inscrit parfaitement dans la stratégie « 1+6+N », qui veut que chaque division devienne aussi autonome et rapide que possible dans la course face à Baidu et Tencent.
Traité par IA depuis 36Kr (36氪) ; édité par Hamidun News
Alibaba refait ce qu'elle sait faire de mieux : multiplier les entités pour rester agile. Pendant que les analystes occidentaux se demandent quelle sera la puissance de la prochaine itération de son modèle de langage, une nouvelle société a vu le jour sans bruit à Hangzhou : Kechuang Kezao. Le nom sonne ambitieux, quelque chose comme « capable d'inventer et de créer », mais derrière l'enseigne se cache un calcul très pragmatique.
Si vous pensiez que le géant s'était assagi après sa vaste restructuration, l'immatriculation de cette filiale prouve le contraire. Passons les faits au crible. Un capital social d'un million de yuans, à l'échelle de l'empire de Jack Ma, ce n'est même pas le budget d'une soirée d'entreprise, plutôt de l'argent de poche pour le café de l'équipe de développement.
La liste des activités déclarées mérite pourtant qu'on s'y attarde : développement de logiciels d'IA appliqués, travail sur des logiciels de base et services de stockage de données. Concrètement, Alibaba se dote d'un nouveau terrain d'essai pour roder des technologies qui deviendront demain le socle de ses services cloud. Pourquoi maintenant, et sous cette forme ?
Depuis le passage de l'entreprise au modèle de gouvernance « 1+6+N », la maison mère s'est définitivement muée en incubateur. Plutôt que de gonfler les effectifs des départements existants, le groupe a tout intérêt à créer des unités compactes et juridiquement distinctes. Il y gagne précisément la marge de manœuvre qui fait tant défaut aux léviathans corporatifs.
Quand de nouvelles architectures de réseaux de neurones apparaissent chaque mois, le moindre retard bureaucratique se paie cash. Détail intéressant : les fondateurs sont Alibaba (China) Network Technology et Hangzhou Alibaba Advertising, un tandem classique pour les projets technologiques internes. Hangzhou reste la « capitale » de l'empire, et y implanter un nouveau relais de croissance montre que l'entreprise n'a pas l'intention de déplacer ses centres névralgiques, malgré toutes les tempêtes réglementaires de ces dernières années.
Kechuang Kezao se chargera vraisemblablement du travail de fond : bâtir les outils de base sur lesquels tourneront ensuite les produits grand public très médiatisés. Pourquoi suivre cela de près ? Parce que ces mouvements, anodins en apparence, précèdent souvent le lancement de nouvelles solutions d'infrastructure.
Le logiciel d'IA fondamental, ce ne sont pas des chatbots qui génèrent des images. C'est l'architecture sur laquelle reposent le cloud computing et les algorithmes complexes de traitement de données pour le commerce de détail et la logistique. Alibaba prépare manifestement le terrain pour quelque chose de plus ambitieux qu'une simple mise à jour d'application mobile.
Peut-être s'agit-il d'un futur fournisseur de solutions pour le secteur public chinois, ou d'outils spécialisés qu'il vaut mieux tenir à l'écart des principales plateformes cloud en raison des risques de sanctions. Quoi qu'il en soit, l'apparition de Kechuang Kezao montre qu'Alibaba adopte une tactique de petits commandos. Il lui faut coder vite, tester vite et abandonner vite les projets ratés, sans exposer la marque principale.
Face à une concurrence féroce, avec Baidu et son modèle Ernie d'un côté et Hunyuan de Tencent de l'autre, cette stratégie apparaît comme la seule viable. Reste à voir comment cette start-up « à un million » va se transformer en quelque chose de plus grand. L'essentiel : Alibaba continue de fragmenter sa structure pour accélérer le développement de logiciels d'IA fondamentaux.
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