Le CEO d'Atlassian : un logiciel moins cher fera naître plus d'applications et d'agents IA
Mike Cannon-Brookes, cofondateur et CEO d'Atlassian, s'attaque à une crainte répandue : celle d'un IA qui enterrerait le logiciel d'entreprise. Dans un entretien accordé à Bloomberg (Insight with Haslinda Amin, 13 octobre 2026), il avance que lorsque les applications deviennent moins chères et plus rapides à développer, les organisations en créent davantage : applications, processus de travail et agents IA. Plus ces systèmes se multiplient, plus il faut les connecter et les piloter. Pour Atlassian, qui vend Jira, Confluence et la plateforme d'agents Rovo, c'est aussi la description de son propre marché. • Un développement moins coûteux augmente le nombre d'applications et d'agents. • La couche d'intégration et de gouvernance gagne en valeur. • C'est la position d'un éditeur, mais l'argument mérite l'attention.
Traité par IA depuis Bloomberg Tech ; édité par Hamidun News
Mike Cannon-Brookes, cofondateur et CEO d'Atlassian, a pris le contre-pied d'une thèse populaire chez les investisseurs, selon laquelle le codage assisté par IA ferait perdre sa valeur au logiciel d'entreprise. C'était lors d'un entretien accordé à Bloomberg (émission Insight with Haslinda Amin, 13 octobre 2026). Son raisonnement : quand les logiciels coûtent moins cher et s'écrivent plus vite, les organisations créent plus d'applications, de processus de travail et d'agents. Le besoin de tout relier et de tout contrôler augmente lui aussi. L'entreprise qu'il a fondée en 2002 à Sydney vend précisément des outils de coordination : Jira, Confluence, Trello.
La logique : une production moins chère fait grimper les volumes
L'argument est un classique de l'économie : quand le prix unitaire baisse, la consommation augmente. Cannon-Brookes l'applique au logiciel d'entreprise. Un outil interne qui exigeait auparavant un trimestre de développement s'assemble en quelques jours avec des assistants IA. Chaque équipe est tentée de se fabriquer sa propre solution : une application pour les achats, un workflow maison pour le support, un agent dédié pour la finance.
Résultat : l'entreprise se retrouve non pas avec moins de logiciels, mais avec nettement plus. Chaque nouvelle application réclame des accès, des données et des règles de passage de relais entre humains et machines. Les agents ajoutent une couche supplémentaire : ils ont besoin de contexte, de limites de pouvoir et d'un journal d'actions.
Où se situe l'intérêt d'Atlassian
Cette thèse a un destinataire évident. Depuis 2024, Atlassian développe sa plateforme d'IA Rovo et présente ses produits comme la couche où équipes et agents travaillent sur des tâches communes. Si le monde se remplit de milliers de petites applications et d'agents, la valeur du point où ils se rencontrent ne fera que croître, selon l'entreprise. C'est le point de vue d'un éditeur, à lire en tenant compte de son intérêt.
L'idée centrale résiste pourtant au test du bon sens. La multiplication des microservices n'a pas supprimé, en son temps, le besoin d'orchestration, de supervision et de gestion des accès : elle a fait naître tout un marché d'outils autour d'eux. Les agents pourraient suivre la même trajectoire.
Ce qui reste en suspens
L'annonce de l'entretien, seule source disponible, ne contient aucun chiffre : ni prévisions de revenus, ni données sur le nombre d'agents chez les clients. Les évaluations ci-dessous sont donc les nôtres, pas les propos de Cannon-Brookes.
- Si les entreprises apprennent à assembler elles-mêmes leurs outils internes, certaines pourraient se passer d'un produit d'éditeur prêt à l'emploi.
- Le modèle de facturation par poste sera sous pression si les agents prennent en charge une partie des tâches des salariés.
- La gouvernance des agents deviendra une catégorie à part entière, et les éditeurs SaaS classiques ne seront pas les seuls à se la disputer : les fournisseurs cloud et les développeurs de modèles aussi.
Les thèses clés de l'entretien :
- Un développement moins cher et plus rapide fait augmenter le nombre d'applications, de workflows et d'agents.
- La demande d'intégration, de coordination et de gouvernance de cet écosystème progresse.
- Le logiciel d'entreprise ne disparaît pas : il se déplace vers la couche de coordination.
Que faire côté équipes
Si la thèse est juste, les problèmes arriveront avant les bénéfices. Pour commencer, il faut faire l'inventaire : quelles applications internes et quels agents IA existent déjà, qui en est responsable et à quelles données ils sont connectés. Il faut ensuite un registre unique, avec un responsable pour chaque agent et une politique d'accès claire. Le budget doit aussi prévoir une ligne distincte pour le coût de maintenance : écrire une application est devenu peu cher, mais la posséder reste coûteux. Enfin, au moment de choisir ses éditeurs, mieux vaut demander comment leur produit fonctionne avec des agents tiers et des interfaces ouvertes. C'est là que se situera le principal point de friction des prochaines années.
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Questions clés sur cet article
Que sait-on sur La logique : une production moins chère fait grimper les volumes ?
L'argument est un classique de l'économie : quand le prix unitaire baisse, la consommation augmente. Cannon-Brookes l'applique au logiciel d'entreprise. Un outil interne qui exigeait auparavant un trimestre de développement s'assemble en quelques jours avec des assistants IA. Chaque équipe est tentée de se fabriquer sa propre solution : une application pour les achats, un workflow maison pour le support, un agent dédié pour la finance. Résultat : l'entreprise se retrouve non pas avec moins de logiciels, mais avec nettement plus. Chaque nouvelle application réclame des accès
Que sait-on sur Où se situe l'intérêt d'Atlassian ?
Cette thèse a un destinataire évident. Depuis 2024, Atlassian développe sa plateforme d'IA Rovo et présente ses produits comme la couche où équipes et agents travaillent sur des tâches communes. Si le monde se remplit de milliers de petites applications et d'agents, la valeur du point où ils se rencontrent ne fera que croître, selon l'entreprise. C'est le point de vue d'un éditeur, à lire en tenant compte de son intérêt. L'idée centrale résiste pourtant au test du bon sens. La multiplication des microservices n'a pas supprimé, en son temps, le besoin d'orchestration, de sup
Que sait-on sur Ce qui reste en suspens ?
L'annonce de l'entretien, seule source disponible, ne contient aucun chiffre : ni prévisions de revenus, ni données sur le nombre d'agents chez les clients. Les évaluations ci-dessous sont donc les nôtres, pas les propos de Cannon-Brookes. Si les entreprises apprennent à assembler elles-mêmes leurs outils internes, certaines pourraient se passer d'un produit d'éditeur prêt à l'emploi. Le modèle de facturation par poste sera sous pression si les agents prennent en charge une partie des tâches des salariés. La gouvernance des agents deviendra une catégorie à part entière, et
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