Un million de Néerlandais s'informent uniquement via les réseaux sociaux — et seuls 12 % leur font confiance
Plus d'un million de Néerlandais — 7 % des adultes — s'informent exclusivement sur les réseaux sociaux : ni sites de presse, ni télévision, ni radio. Pourtant, seuls 12 % d'entre eux font confiance à ce qu'ils y voient. C'est ce que montre le Digital News Report 2026. La part de ce public est passée de 2 % à 7 %. Le paradoxe est classique : une dépendance maximale pour une confiance minimale.
Traité par IA depuis TNW ; édité par Hamidun News
Plus d'un million de Néerlandais ont complètement abandonné les sources d'information traditionnelles et s'informent exclusivement via les réseaux sociaux. Pourtant, seuls 12 % d'entre eux font confiance à ce qu'ils y lisent.
L'ampleur du phénomène
Selon le Digital News Report 2026, l'étude annuelle du Reuters Institute for the Study of Journalism de l'université d'Oxford, la part des consommateurs d'actualités « uniquement réseaux sociaux » est passée aux Pays-Bas de 2 % à 7 % de la population adulte en quelques années. En chiffres absolus, cela représente plus d'un million de personnes — un nombre comparable à l'audience du plus grand titre de presse national du pays.
Ces personnes ont totalement exclu les canaux médiatiques habituels de leur vie informationnelle : elles ne consultent pas les sites des journaux ni des chaînes de télévision, ne regardent pas les journaux télévisés et n'écoutent pas la radio. Leur seule source d'information sur ce qui se passe dans le monde est le fil algorithmique d'Instagram, de TikTok, de Facebook, de X ou des messageries.
Il ne s'agit pas seulement des jeunes. Certes, ils sont surreprésentés dans ce groupe, mais on y trouve aussi des personnes plus âgées : des lecteurs de journaux d'hier qui ont progressivement fait des plateformes leur principal espace d'information.
Le paradoxe : je n'y crois pas, mais je ne cherche pas ailleurs
La principale anomalie de l'étude est l'écart saisissant entre la consommation et la confiance accordée au contenu. Parmi ceux qui s'informent uniquement sur les réseaux sociaux :
- Seuls 12 % font confiance aux informations qu'ils y rencontrent
- La majorité reconnaît voir régulièrement des contenus peu fiables ou déformés
- Malgré cela, ils ne se tournent pas vers d'autres sources d'information
- Les moins de 35 ans représentent une part disproportionnée de ce public
- Le format qui progresse le plus vite est la vidéo courte : Reels, Shorts et TikTok
Les chercheurs expliquent ce schéma par une dépendance structurelle : les réseaux sociaux sont devenus l'écran par défaut pour interagir avec le monde, et l'actualité y apparaît comme un effet secondaire d'une présence permanente sur les plateformes, et non comme un choix d'information délibéré. Le problème n'est pas que les gens préfèrent les réseaux sociaux, mais que beaucoup ont cessé de remarquer qu'ils ont encore le choix.
Le contexte européen
Les Pays-Bas passent traditionnellement pour un pays à haut niveau d'éducation aux médias, doté d'un marché du journalisme de qualité bien développé. La tendance y est pourtant tout aussi nette que dans les pays à l'environnement médiatique moins mature. Cela suggère que le problème est structurel plutôt que culturel : il est inscrit dans l'architecture même des plateformes.
Le Digital News Report 2026 couvre plus de 40 pays et dresse un tableau similaire dans toute l'Europe de l'Ouest : l'audience des médias traditionnels recule, la confiance générale dans l'information baisse, et la part des personnes entièrement dépendantes des plateformes ne cesse de croître.
«
Les réseaux sociaux comblent un vide non pas parce qu'on leur fait confiance, mais simplement parce qu'ils sont partout », constatent les auteurs du rapport.
Les algorithmes des plateformes sont optimisés pour l'engagement, pas pour la valeur informative. Le contenu d'actualité se retrouve dans le même fil que le divertissement et la publicité, et la frontière entre le fait et l'interprétation s'estompe. C'est cet environnement qui engendre le phénomène du « consommer sans faire confiance » : l'habitude l'emporte sur le jugement critique.
Ce que cela signifie
Le paradoxe d'une faible confiance associée à une forte dépendance constitue un défi sérieux pour le marché des médias, les annonceurs et les régulateurs. Les médias traditionnels perdent leur audience non seulement à cause de la concurrence des plateformes, mais aussi parce qu'une part importante du public a cessé de chercher activement des alternatives.
La question suivante : les plateformes seront-elles tenues responsables de la qualité de l'information qu'elles diffusent, ou cela restera-t-il le problème d'un journalisme que de moins en moins de gens lisent ?
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